Boucher (verbe, nom masculin)


1ère définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

I.
XIII e siècle. Dérivé de l'ancien français bousche, « botte, gerbe, faisceau de branchages », le sens premier du verbe étant « une ouverture au moyen d'une poignée de paille ».
1. Fermer une ouverture ou ce qui présente une ouverture. Boucher un trou. Boucher un passage. Boucher une porte, une fenêtre, la condamner ou l'aveugler. Boucher un tonneau, une bouteille. Fam. Se le nez. Se les yeux, les oreilles, les couvrir de sa main et, fig., refuser de voir, d'entendre.
2. Obstruer. Des gravats bouchent la canalisation. Le regard de l'égout se bouche facilement. Des camions bouchaient le passage. Par ext. Boucher la vue, empêcher que le regard ne s'étende au loin. Cet immeuble nous bouche toute la vue. Boucher le jour, la lumière, en empêcher le passage. Expr. fig. et pop. En un coin, étonner, surprendre, laisser interdit. Tu m'en bouches un coin !


2ème définition de l'Académie française (éd. 1986)


II.
XII e siècle, bochier. Dérivé de bouc, soit parce que le était chargé d'abattre des boucs, soit parce qu'il en vendait la chair.
1. N. m. Celui qui abat des bœufs, des moutons, etc. ; celui qui détaille et vend la viande crue. L'étal d'un . Les couteaux du . Le fusil du . Un -charcutier. En apposition. Garçon , employé dans une ie. Fig., fam. et péj. C'est un , un vrai , un chirurgien maladroit. Se dit également d'un chef militaire à qui l'on impute la responsabilité d'un combat inutile et sanglant.
2. N. f. Femme du ou personne qui tient une ie.


1ère signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Fermer une ouverture ou ce qui présente une ouverture. "Boucher un trou. Boucher un tonneau. Boucher une bouteille. Boucher une porte. Boucher une fenêtre. Se le nez. Se les oreilles. Se les yeux. L'ouverture s'est tout à fait bouchée."
"Boucher les vues d'une maison," Murer celles de ses fenêtres qui voient de trop près sur une propriété voisine, contrairement à la coutume, à la loi. "On l'a obligé à ses vues."
"Boucher la vue d'un objet," Empêcher de l'apercevoir. "Ce bâtiment, ce bois, ce mur bouche la vue du jardin."
Fig., "Se les yeux," Ne vouloir point voir; et "Se les oreilles," Ne vouloir point écouter.
Fig. et fam., "Boucher un trou," Payer quelque dette et dédommager de quelque perte avec une somme d'argent.
Le participe passé s'emploie comme adjectif. Fig. et fam., "Avoir l'esprit bouché, être bouché," Avoir peu d'intelligence, ne pouvoir comprendre les choses les plus simples. "Il a aujourd'hui l'esprit si bouché qu'on ne peut rien lui faire comprendre. Il faut que ce garçon- là soit bien bouché pour n'avoir pas compris une chose si simple!"



2ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Celui qui tue des boeufs, des moutons, etc., et qui en vend au détail la chair crue. "L'étal d'un . Un couteau de . Garçon ."
Fig., "C'est un , un vrai ," C'est un homme cruel et sanguinaire.
Il a un féminin, BOUCHÈRE, qui désigne Celle qui aide le dans la vente au détail de la viande.



1ère définition d'Emile Littré

Verbe 



 1   Fermer une ouverture, un passage. Des chariots bouchaient le passage. Le conduit était bouché par une pierre. On boucha les fenêtres. Boucher les jours, les vues d'une maison, en murer les fenêtres.
    Boucher la vue, l'intercepter, l'empêcher. Ces arbres nous bouchent la vue.

 2   Fermer avec un bouchon, avec un tampon. Boucher une fente. En bouchant le trou avec le pouce. Le procédé pour les bouteilles de vin de Champagne. Le Nil bouche avec son limon les interstices de la terre.
    Se le nez, se garantir contre une odeur forte ou délétère.
    Se les yeux, les oreilles, ne vouloir point voir, entendre.
RÉGNIER: « Et se bouchant l'oreille au récit de ses vers »
MALH.: « La cruelle qu'elle est se bouche les oreilles Et nous laisse crier »
DESC.: « Je fermerai les yeux, je ai mes oreilles »
BÉRANG.: « L'opéra toujours Fait bruit et merveilles ; On y voit les sourds Boucher leurs oreilles »
    Fig. et familièrement. Boucher un trou, payer une dette.

 3   Terme de doreur. Boucher d'or moulu, réparer les ouvrages d'or qui ont quelque petit défaut après avoir été brunis.

 4   Se , v. réfl. Se fermer. La voie par où les eaux s'écoulaient s'est tout à fait bouchée.

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
JOINV.: « Et puis reclost l'en la porte et la boucha l'en bien, aussi comme l'en naye [noie, jette à l'eau] un tonnel »
JOINV.: « Assez près de Damiete trouvames un flum qui issoit de la grant riviere ; et fut acordé que l'ost sejourna un jour pour ledit braz »
JOINV.: « Dont je vis un Coremyn [Chorasmien] qui fu des gens l'empereour de Perse, qui nous gardoit en la prison, que, quant il ouvroit son sac, nous nous bouchions, que nous ne povions durer pour la puneisie [puanteur] qui issoit du sac »
    XIVème siècle
     Girart de Ross. 4661: Il saigna tant de sanc, bouchier ne pout sa plaie
    XVème siècle
BASSELIN: « Sa cheminée il [l'avare] boschoit, Craignant perdre la fumée »
G. CHASTEL.: « Avoit la premiere les oreilles bouciées tant estroitement que à nulle rien fors qu'à propre affection ne voloit doner ascout »
DU CANGE: « Icelle femme dist que son mari estoit en ung lieu appelé les Arceiz, où il bouchoit son blé [mettait en gerbe] »
    XVIème siècle
AMYOT: « Alors le grand pontife tire la patiente toute bouchée [voilée] hors de la littiere »
AMYOT: « Il n'y a d'autre difference entre cecy et cela, sinon que le corps qui fait ces tenebres est plus grand que mon manteau qui te bouche les yeux »
AMYOT: « Un caveau, lequel n'a porte ny demie, sinon une grosse pierre dont on bousche l'entrée »

ÉTYMOLOGIE
    Ménage tire ce mot du grec, mais on n'a aucun intermédiaire qui justifie l'introduction directe de ce mot grec dans le langage vulgaire. Diez, se reportant à bouchon, dit que ce mot est l'équivalent du provençal bocon, et de l'italien boccone, qui signifient bouchée (ancien français boucon) ; de là , avec le sens de ce qui remplit la bouche, et, en particulier, la bouche de la bouteille. C'est avec raison que Diez rapproche de bouchon ; mais est-ce bien à bocon, boccone qu'il faut rapporter bouchon ? L'orthographe boscher, boucier, bouscher n'y conduit guère ; le sens de mettre en botte que a dans un de nos exemples n'y conduit pas non plus. Boucher ne peut venir de bouchon : l'un et l'autre supposent un substantif bouche, masculin ou féminin, qui voudra dire ce qui obture et ce qui fait gerbe ou botte ; substantif qui existe réellement, comme on le voit dans cet exemple du XVe siècle : Confessent iceulx habitans dovoir au dit prieur, pour cause du disme de toutes leurs chanves qui est de dix bouches [gerbes], ung bouchot, DU CANGE, boteronus. Or un pareil substantif ne peut pas être rapporté à bouche, ouverture placée au visage ; mais il appartiendra sans peine (car il est le primitif de bouchon de cabaret, voy. BOUCHON 2) à un radical qui se trouve dans bois, dans bosquet, dans bouquet, dans bûche, et qui, signifiant bois ou morceau de bois, aura facilement le double sens de tampon ou de bouchon, sorte de faisceau. En définitive, l'étymologie reste indécise entre deux conjectures : 1° bouche, ouverture dans la face ; bouchée, ce qui emplit la bouche ; d'où , obturer ; à quoi on objectera que, historiquement, ni bouchée n'a jamais eu le sens de ce qui obture, ni celui de mettre en bouche (ce qui, si on l'avait trouvé, aiderait grandement cette étymologie), ni le provençal bocon et l'italien boccone celui de bouchon (ce qui aiderait l'assimilation, en montrant que bocon et boccone sont les mêmes que le français bouchon) ; 2° bouche, faisceau de paille, de javelle, de branchage, d'où bouchon de cabaret, ce qui s'applique sans difficulté à tout ce qui bouche, obture.


2ème définition d'Emile Littré

Subst. masculin 


Celui qui tue les bestiaux, les débite, et en vend la chair crue.
    Garçon , celui qui aide le dans son travail.
    Fig. C'est un , se dit d'un homme cruel, ou d'un chirurgien inhabile et maladroit, et encore d'un général prodigue de sang.
    C'est un rire de , il ne passe pas le noeud de la gorge, se dit de quelqu'un qui témoigne à l'extérieur qu'il est content, quoiqu'en effet il ne le soit pas trop. Locution qui vient de ce que les s tiennent leurs couteaux à leur bouche, ce qui leur fait montrer les dents et faire une contorsion de lèvres imitant le ris.

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
     Ren. 15977: Et un cotel qui souef tranche Con ce fust cotel à bochier
     Liv. de just. 7: Li bochier d'Orliens prennent sor chascune beste six deniers, et metent en une boete, à defendre cels de lor borc contre autres genz
BEAUMANOIR: « Parce que noz veismes qu'il estoit tués d'un seul coup de mail ou de machue, noz preismes un boucier, li quix avoit soupé la nuit devant aveques li »
JOINV.: « Quant les bouchiers et les autres homes de l'ost et les femmes qui vendoient les danrées oïrent ce, il leverent le cri en l'ost »
    XIVème siècle
     Guesclin. 6135: Olivier de Clisson par la bataille va ; Il tenoit un martel qu'à ses deux mains porta ; Tout ainsi qu'un bouchier, abati et versa
BERCHEURE: « Que les peres l'avoient creé non pas consul pour gouverner, mes bouchier pour tourmenter et murdrir le peuple »
    XVème siècle
JUVÉNAL: « Et l'appelloit on le , pource que, à besongnes où il estoit contre les Anglois, il en prenoit peu à rançon »
     Mir. de Ste Geneviève: Chier filz, c'est pour vous reprouchier Que n'avez pas cuer de bouchier

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. bochier ; catal. botxi ; ital. beccaio, beccaro. Une analogie apparente semble d'abord indiquer bouche comme primitif de ; mais l'italien beccaio s'y oppose. Remarquant que becco en italien signifie bouc, et que la forme française et la forme provençale peuvent être sans peine rattachées à bouc, on acceptera cette étymologie qui, indiquée avant Raynouard, a été établie par lui. Le est proprement le tueur de boucs (la partie pour le tout). Ainsi, pour le mot ie, à côté de bocaria, le provençal avait brecaria, qui, venant de berbix, signifie proprement la tuerie de brebis (encore la partie pour le tout). Bien qu'il semble très étrange que le ait été nommé d'après le bouc ou le chevreau, cependant, étymologiquement, il n'y a aucun moyen d'écarter l'italien beccaio, ni de rapporter le provençal bochier et le français à bouche.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Fermer une ouverture. "Boucher un trou. Boucher un tonneau. Boucher une bouteille. Boucher une porte. Boucher une fenêtre. Se le nez. Se les oreilles. Se les yeux." On l'emploie aussi avec le pronom personnel régime direct. "L'ouverture s'est tout à fait bouchée."
"Boucher un passage, un chemin, une avenue, etc.," Empêcher par quelque obstacle qu'on n'y puisse passer. "Nous avions bouché tous les passages à l'ennemi. L'infanterie bouchait les défilés."
"Boucher les vues d'une maison," Murer celles de ses fenêtres qui voient de trop près sur une propriété voisine, contrairement à la coutume, à la loi. "On l'a obligé à ses vues."
"Boucher la vue d'un objet," Empêcher de l'apercevoir. "Ce bâtiment, ce bois, ce mur, bouche la vue du jardin."
Fig., "Se les yeux," Ne vouloir point voir; et, "Se les oreilles," Ne vouloir point écouter.
Fig. et fam., "Boucher un trou," se dit D'une somme d'argent qui sert à payer quelque dette, ou à dédommager de quelque perte.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Celui qui tue des boeufs, des moutons, etc., et qui en vend la chair crue en détail. "L'étal d'un . Un couteau de . Garçon ."
Fig., "C'est un , un vrai ," se dit D'un homme cruel et sanguinaire. Il se dit aussi D'un chirurgien maladroit, et De celui qui opère sans ménagement pour le patient.



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Fermer une ouverture. "Boucher un trou. Boucher un tonneau. Boucher une bouteille. Boucher une porte. Boucher une fenêtre. Se le nez. Se les oreilles. Se les yeux".
On dit, "Boucher le passage, les chemins, les avenues," pour dire, Empêcher qu'on n'y puisse passer. "On avoit bouché tous les passages à l'ennemi". Et en parlant d'Un bâtiment qui est au-devant d'un autre, on dit qu'"Il en bouche la vue". On dit aussi, "Faire les vues d'un bâtiment," pour dire, En faire murer les fenêtres, lorsqu'elles regardent de trop près sur une maison voisine, contre la disposition de la Coutume. "On lui a fait ses vues".
On dit figurément, "Se les yeux," pour dire, Ne vouloir point voir; et, "Se les oreilles," pour dire, Ne vouloir point entendre. Et en parlant d'Une somme d'argent qu'on reçoit, on dit familièrement, qu'"Elle servira à un trou," pour dire, qu'Elle servira à payer quelque dette, ou dédommagera de quelque perte.



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. masculin 


Celui qui tue des boeufs, des moutons, etc. et qui les vend ensuite en détail.
On dit figurém. d'Un homme cruel et sanguinaire, d'un Chirurgien ignorant et maladroit, que "C'est un vrai Boucher".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Fermer une ouverture. "Boucher un trou. Boucher un tonneau. Boucher une bouteille. Boucher une porte. Boucher une fenêtre. Se le nez. Se les oreilles. Se les yeux."
On dit, "Boucher le passage, les chemins, les avenues," pour dire, Empêcher qu'on n'y puisse passer. "On avoit bouché tous les passages à l'ennemi." Et en parlant d'Un bâtiment qui est au-devant d'un autre, on dit qu'"Il en bouche la vue." On dit aussi, "Faire les vues d'un bâtiment," pour dire, En faire murer les fenêtres, lorssqu'elles regardent de trop près sur une maison voisine, contre la disposition de la Coutume. "On lui a fait ses vues."
On dit figurément, "Se les yeux," pour dire, Ne vouloir point voir. Et, "Se les oreilles," pour dire, Ne vouloir point entendre. Et en parlant d'une somme d'argent qu'on reçoit, on dit, qu'"Elle servira à un trou," pour dire, qu'Elle servira à payer quelque dette, ou dédommagera de quelque perte.



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Celui qui tue des boeufs, des moutons, &c. & qui les vend ensuite en détail.
On dit figurément d'Un homme cruel & sanguinaire, que "C'est un vrai Boucher."



1ère définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

["Bou-ché"; 2e "é" fer.] Fermer une ouverture: " un" trou, "un" toneau, "une" bouteille, "une" porte, "une" fenêtre. = "Figurément" et "proverbialement", on dit d'une somme d'argent qu'on reçoit, qu'elle servira à " un trou", à payer quelque dette.
   BOUCHER, a quelquefois pour 2d régime le datif (la prép. "à".) On "lui boucha le" passage; on "boucha" toutes "les" avenûes "à" l'énemi.
- "Se les" yeux, ne vouloir point voir; "se les" oreilles, ne vouloir point entendre. Là le pron. "se" est au datif; "se à" soi-même.



2ème définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

BOUCHèRE, s. f. BOUCHERIE, s. f. ["Bou-ché", "chère", "che-rîe"; 2e "é" fer. au 1er, "è" moy. et long au 2d; "e" muet au 3e, dont la 3e est long.] "Boucher" est celui qui tûe des boeufs, des moutons, etc. = "Figurément", homme cruel et sanguinaire. = "Bouchère", femme d'un Boucher, "ou" celle qui vend de la viande. "Boucherie"; lieu où l'on tûe.
   "Rem." On dit "viande de ie", et non pas "de la ie". 'Les denrées, dont la valeur est principalement augmentée, sont "la viande de la ie", la volaille, le poisson. "Hist. d'Angl." Retranchez "la".
   On dit figurément, "mener" les soldats "à la ie", les exposer à une mort presque certaine; et "proverbialement", d'un homme qu'il a du crédit dans une afaire, "comme un chien à la ie", pour dire, qu'il n'en a point du tout.



1ère signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. masculin 


Qui tuë le bestail, ou qui en vend. "Estalier ".
On dit figur. d'Un homme cruel & sanguinaire, que "C'est un vray Boucher".



2ème signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Fermer une ouverture en appliquant quelque chose dessus, ou en la remplissant. "Boucher un tonneau. une bouteille. une porte, une fenestre. se les yeux. se le nez. se les oreilles avec du cotton".
On dit aussi fig. "Se les oreilles," pour dire, Ne vouloir pas escouter. Et, "Se les yeux," pour dire, Ne vouloir point voir.
On dit, "Boucher le passage, les chemins, les avenuës," pour dire, Fermer le passage, empescher qu'on ne passe. "On a bouché tous les passages à l'ennemy".
On dit, "Cette fluxion, ce rheume, ce caterre luy a bouché le passage de la respiration".
"Boucher un trou," Fermer un trou. Il se dit figur. d'une dette qu'on acquitte entre plusieurs autres. "Voilà de l'argent qui servira bien à un trou".
"Boucher la bouteille," Y mettre le bouchon. On dit fig. "Boucher la bouteille," pour dire, Manger un morceau aprés avoir beu.
On dit, "Boucher la veuë à quelqu'un," pour dire, Mettre quelque chose devant ses yeux. Et, "Boucher la veuë d'un voisin". Eslever un bastiment, ou planter des arbres qui luy ostent la veuë.




Emplacement dans le dictionnaire :

boucaut
bouchage
boucharde
bouchari
bouche
bouché
bouche-nez
bouche-trou
bouchée

bouchère
boucherie
bouches
bouchet
boucheton
bouchette
boucheur
bouchoir
bouchon
bouchonner
bouchonnier




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Henry BECQUE (La Parisienne)

...ce qui est pis, qui n'ont de l'estime et de l'affection que pour eux-mêmes ! Vous avez raison, du reste. Le plus sage serait de ne connaître ni les uns ni les autres ; de se fermer les yeux ; de se boucher les oreilles ; de se dire courageusement : ta place est là, restes-y. La vie ne serait peut-être pas très drôle ni très palpitante, mais on s'éviterait bien des tracas, bien des déceptions et bien...


Citation n°2 de François COPPÉE (La Bonne souffrance)

...pour but de nous rappeler que la vie est brève, la mort prochaine, et que le peu qui restera de nous, eussions-nous été des conquérants fameux et de puissants empereurs, servira peut-être un jour à boucher la lézarde d'une muraille ou la bonde d'un tonneau, - encore que cette vérité banale soit toujours utile à redire et salutaire à méditer. Les cendres répandues sur la tête du chrétien ont une autre...


Citation n°3 de Émile ZOLA (La Débâcle)

...Il pointait, tirait le rugueux, pendant que les trois allaient au caisson, chargeaient, maniaient l'écouvillon et le refouloir. On avait fait demander des hommes et des chevaux haut-le-pied, pour boucher les trous creusés par la mort ; et ils tardaient à venir, il fallait se suffire en attendant. La rage était qu'on n'arrivait toujours pas, que les projectiles lancés éclataient presque tous en...


Citation n°4 de Charles NODIER (Jean Sbogar)

...pour la moisson. -il y a peu d'hommes dont le coeur ne tressaille d'indignation et de douleur à l'aspect d'un fier lion garrotté dans une cage de fer, et lèchant avec humilité la main sanglante du boucher qui le nourrit. Que doit penser l'homme qui regarde l'homme ? -pour rendre l'inégalité politique moins outrageante, presque tous les peuples qui ne l'ont pas fait reposer sur des avantages moraux en...


Citation n°5 de Théodore de BANVILLE (Les Exilés)

...jeune dieu parlait, et sa fureur était comme les flots amers qu'un gouffre emporte, et moi je pâlissais de rage et de terreur. Je tressaillais, sentant mon âme à demi morte, comme sous le couteau du boucher la brebis, quand le chasseur amour me parla de la sorte. Et pourtant j'admirais sa beauté, ses habits de pourpre, que le vent harmonieux soulève, et surtout, ô mon coeur, ses lèvres de rubis, larges...


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